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Descartes dans NuBIS

Statuette en pied de Descartes, décorant la bibliothèque Victor-Cousin,XIXe s.

Un philosophe incontournable

Le Discours de la méthode représente le premier jalon d'une œuvre ambitieuse poursuivie à travers Les Méditations métaphysiques (1641), Les Principes de la philosophie (1644) et Les Passions de l'âme (1649).

Discutée, commentée, controversée ou poursuivie, cette œuvre irrigue toute l'histoire de la philosophie occidentale dont il serait impossible de suivre ici les multiples ramifications. Entre le 17e et le 18e siècle, Spinoza, Malebranche, Leibniz et Kant, pour ne citer que les plus célèbres, fondent leurs propres systèmes philosophiques dans la continuité du système cartésien ou dans son opposition.

En complément du parcours, nécessairement bref, composé autour de la parution du Discours de la méthode, NuBIS propose en consultation directe nombre de ressources intéressantes relatives à Descartes ou à la réception de son œuvre.

Issues d'un cours de philosophie donné par le Révérend Père Jean Chomel, de la Société de Jésus, et datées de 1702, les planches suivantes illustrent l'impact de la philosophie cartésienne sur les conceptions héritées de l'antiquité. Ici, l'ordonnancement des catégories d'Aristote, figuré sous la forme d'une arborescence par le néo-platonicien Porphyre, est représenté avant et après l'irruption des théories cartésiennes. Sur l'arbre défeuillé de « l'après », l'ordre et l'équilibre des concepts est bouleversé; autour de l'arbre, les colonnes comportant les catégories aristotéliciennes sont attaquées à la pioche, les statues de Socrate, Platon et Aristote grimacent, jetées à bas et piétinées par les partisans de Descartes.


Lettres de René Descartes à Marin Mersenne

La longue amitié liant Descartes et Mersenne, reflétée par leur riche correspondance, ne trouve sa fin qu'en 1648, au décès du Révérend Père, qui affecte profondément le philosophe.

Parmi les lettres de philosophes et personnalités historiques collectionnées par Victor Cousin et léguées à la Sorbonne, la majeure partie des lettres autographes de René Descartes sont adressées à Marin Mersenne. L'intégralité des lettres conservées dans le fonds Victor Cousin est ici présentée.


Lettre de Descartes à Heereboord

Lettre autographe signée de Descartes à Hereboord, professeur de philosophie à Leyde, 19 avril 1647

 

Adriaan Heereboord (1614-1661) enseigne la philosophie à l'université de Leyde à partir de 1641 et devient titulaire de la chaire de philosophie en 1643. Il est l'un des premiers universitaires à adopter les théories de Descartes, en particulier le doute méthodologique, qu'il développe et confronte aux concepts aristotéliciens dans un ouvrage intitulé : Parallelismus Aristotelicae et Cartesianae Philosophiae naturalis (Leyde : 1643).

Régulièrement en conflit avec certains de ses collègues opposés à la philosophie cartésienne, notamment Jacobus Revius, doyen de la même université, il soutient les thèses de Descartes lors de discussions publiques tenues à Leyde sur des points de philosophie et de théologie , les « disputations », qui entraînent à nouveau de sérieuses polémiques dans les années 1647-1648.

Baruch Spinoza (1632-1677) aurait assisté aux cours de Heereboord, ou du moins, se réfèrerait à ses conceptions dans l'appendice nommé Pensées métaphysiques de son ouvrage Les Principes de la philosophie de Descartes, 1663.


Lettres de divers correspondants reçues par Pierre Daniel Huet

Pierre Daniel Huet (1630-1721) a marqué son siècle par son implication dans plusieurs célèbres controverses comme la querelle des Anciens et des Modernes, dans laquelle il a pris le parti des Anciens. Prélat, érudit et savant versé autant dans les sciences que dans les lettres, ami notamment de Leibniz et de Bossuet qu'il assiste dans son rôle de précepteur du Dauphin, il est élu membre de l'Académie française en 1674 et nommé évêque d'Avranches en 1689.

Après avoir admiré le cartésianisme dans sa jeunesse, il en devient un farouche adversaire et écrit plusieurs ouvrages à charge, qui exercent une forte influence sur les philosophes de son époque : Critique de la philosophie de Descartes (Censura Philosophiae Cartesianae) en 1689 et les Nouveaux mémoires pour servir à l'histoire du cartésianisme en 1692.

Lettre autographe signée de Charles Perrault à Pierre-Daniel Huet, évêque nommé de Soissons (plus tard évêque d'Avranches), sur Descartes et sur l'Académie, 1689

Lettre autographe signée de Huygens à [Pierre-Daniel Huet], le remerciant de l'envoi de la Censura philosophiae Cartesianae et lui parlant de Descartes, 18 avril 1691

Lettre autographe signée de l'abbé de Saint-Pierre à Pierre-Daniel Huet, le remerciant de l'envoi de sa Censura philosophiae Cartesianae et lui parlant de Descartes, 13 octobre 1692


Lettres de différents correspondants se rapportant à Descartes

Lettre autographe signée de Jacques Rohault au P. Nicolas-Joseph Poisson, supérieur de l'Oratoire, à Vendôme, le remerciant d'avoir donné ordre à son libraire de lui envoyer ses Remarques sur la méthode de Descartes, 1671

Lettre autographe signée de Antoine Menjot à monseigneur [?], sur Descartes et sa philosophie, 16..

Antoine Menjot (1615-1695 ?), de confession protestante jusqu'à la révocation de l'Édit de Nantes, docteur en médecine puis médecin du roi, ami de Pascal, est l'auteur d'un traité sur les pathologies ainsi que de différents ouvrages parus sous le titre : Opuscules posthumes de M. Menjot,... contenant des discours et des lettres sur divers sujets, tant de physique et de médecine, que de religion (Amsterdam : Desbordes, 1697). Influencé par Gassendi, le grand rival contemporain de Descartes, il combat les théories de ce dernier comme en témoigne cette lettre conservée par la Bibliothèque de la Sorbonne.

Philosophe, physicien, mathématicien, Jacques Rohault (1618 ?-1672) est l'auteur d'un Traité de physique (Paris : 1671) où il reprend des théories avancées par Descartes dans la Dioptrique et les Météores. Il participe largement à la diffusion et à la promotion de la physique cartésienne notamment grâce aux expériences qu'il met en scène lors de leçons publiques qui connaissent un grand succès dans les salons parisiens.